lundi 17 décembre 2018

Christophe Castaner et les interpeullations !

Il a fait des pieds et des mains pour récupérer le ministère de l'intérieur laissé vacant par Gérard Collomb, le "vieux monsieur" démissionnaire il y a quelques semaines. Victoire ! Il a obtenu le poste de premier flic de France, surtout grâce à sa fidélité au président Macron. Je veux parler ici de Christophe Castaner.

Ironie de l'histoire, la légende prétend que dans sa prime jeunesse, Christophe Castaner a réussi à vivoter du poker. Il est joueur. Comme moi. Mais avec un tantinet de recul, j'en suis venu à me demander s'il ne s'agissait pas d'un petit joueur. Pas seulement parce que l'homme a connu un passé sulfureux en ayant frayé à distance avec un gang de braqueurs. Pas non plus parce qu'avant son ralliement en faveur d'Emmanuel Macron en 2016 il s'agissait d'un sans-grade du parti socialiste dépourvu de faits d'armes (essuyant même en 2015 une cuisante défaite électorale aux régionales en PACA l'évinçant du second tour). C'est bien simple, avant son ralliement au candidat Macron, le grand public n'en avait pour ainsi dire jamais entendu parler. C'est tout sauf un poids-lourd.

Après un premier poste à responsabilité en tant que secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement mené de front avec un statut officiel de porte-parole du gouvernement, le voici catapulté Ministre de l'intérieur. Sa gestion de la crise des "gilets jaunes" et sa prise de parole officielle nous conduisent toutefois à doute de sa parfaite compétence pour exercer efficacement pareil ministère régalien nécessitant de la poigne et de l'aura.

Je laisserai à d'autres le soin de juger de la pertinence de son action sur le fond et vais uniquement me contenter de souligner un détail sur la forme lié à sa communication. Car après l'avoir attentivement écouté une bonne dizaine de fois dans les médias (et notamment les chaînes d'info en continu), il est un élément sur lequel j'ai tiqué à moult reprises : Monsieur Castaner prononce particulièrement mal le mot interpellation. Il nous faut savoir que la bonne prononciation phonétique est in-ter--lla-tion mais que par ailleurs la prononciation in-ter-pé-lla-tion est également tolérée. Or, étrangement, notre nouveau ministre de l'intérieur prononce ce mot-clef in-ter-peu-lla-tion. Et à chaque fois, mon oreille tique. Certes il y a divers accents chantants, en France, mais il s'avère que cette phonétique-là est totalement incorrecte. Et par-là donc inacceptable. Comment quelqu'un au sommet de la pyramide de l'autorité en France peut-il continuer à déformer de la sorte l'un des mots les plus importants de son vocable sans que personne dans ses équipes ne le sensibilise à la bonne prononciation ? Mystère. 

Le diable se cachant dans les détails, j'y vois un signe de dysfonctionnement loin d'être anecdotique, car selon ma règle du bon sens j'estime que pour qu'une autorité ou un pouvoir soient exercés de façon fluide, instinctive et sans aucune remise en cause directe ou indirecte, ce type de dérive phonétique ne doit pas exister au-delà d'une seule et unique fois. Or, Christophe Castaner a répété à l'envi le mot in-ter-peu-lla-tion dans les médias plusieurs jours d'affilée. Dans de telles conditions, il est probable que de nombreux citoyens sentent intuitivement (ou confusément) que quelque chose cloche lorsqu'ils écoutent les discours de celui qui - juste derrière le Président de la République - symbolise l'autorité à l'échelle nationale.

Je ne peux pas croire que personne n'ait tiqué parmi ses subalternes ou n'ait eu la présence d'esprit de lui remonter l'information... car ce détail anecdotique lié à la prononciation d'un simple mot, cet infime manque de maitrise phonétique risque d'être perçu comme un signe de faiblesse. Passer derrière Gérard Collomb et ses quelques impairs ne constituait déjà pas assurément un cadeau pour Christophe Castaner, et il faut reconnaître que notre nouveau ministre a pris ses fonctions à l'automne dans un contexte environnemental plutôt défavorable. Peut-être est-ce aussi l'une des raisons pour lesquelles les forces de l'ordre commencent à traîner des pieds ces derniers jours, prétextant la pénibilité conjoncturelle et structurelle de leur fonction pour tenter eux-aussi d'obtenir une revalorisation salariale conséquente. Chacun tente de tirer la couverture à soi, c'est humain. Aussi nombreuses et efficaces soient-elles, les interpeullations de Christophe Castaner risquent fort de diminuer sa poigne. Alors attention aux courants d'air...


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