dimanche 27 octobre 2019

Heure d'été / heure d'hiver, vivement la fin !

2019 n'en a plus que pour deux petits mois. Et nous avons basculé de l'heure d'été à l'heure d'hiver en ce dernier dimanche d'octobre, comme tous les ans. Et comme tous les ans à la même période ou presque, j'ai passé un dimanche amorphe avec une étrange sensation de déphasage, plutôt désagréable à la vérité. Heure de sommeil en plus par-ci, heure de sommeil en moins par-là, il est certain que le rythme biologique de ceux qui la subissent en prend un coup au passage. Et comment ne pas mentionner le cas de ces centaines de milliers d'individus de par le monde piégés tous les ans par ces basculements semestriels dans les transports ou leurs activités professionnelles, notamment (avions ou trains loupés, rendez-vous manqués, etc.). Un couac de la sorte est si vite arrivé un lendemain de bascule, quand bien même on connaisse bien les règles du changement d'heure et pour tous ces gens, cela constitue forcément une journée à rallonge. Que de productivité perdue, au final !! Cela m'est d'ailleurs arrivé une fois, alors que je travaillais un dimanche d'arriver sur mon lieu de travail une heure trop tôt. Outre le rythme biologique qui en prend un coup, il y a tous ces petits couacs potentiels qui rendent à coup sûr la vie moins belle à nos millions de concitoyens. Tout ça pour une prétendue économie d'énergie.

En effet, le changement d'heure, instauré en 1975-1976 en guise de contrecoup au choc pétrolier constitue depuis lors une mise en application fortuite (ou pas) du merveilleux slogan "En France, on a pas de pétrole mais on a des idées" très en vogue il y a près d'un demi-siècle. Le but premier était alors surtout d'économiser de l'énergie alors que le cours du baril de pétrole grimpait en flèche... On a longtemps cru que l'idée était bonne : nos voisins européens, s'y sont également mis. Un fuseau horaire pour l'été, un fuseau horaire pour l'hiver. Hop la : et voilà de l'énergie économisée en pagaille. La belle affaire !

Soyons réalistes, si le fait d'économiser de l'énergie était vraiment une priorité du monde occidentale, nos politiques auraient alors veillé à ne pas décupler la consommation énergétique entre les années 1970 et les années 2010 comme cela a pourtant été le cas. Nous vivrions dans une économie faite de sobriété en la matière. Force est de constater que tel n'est pas le cas et que la demande en hydrocarbures n'a jamais été aussi forte. Notre addiction est totale. Pour justifier l'existence du maintien de ces changements d'heure semestriels, on pourrait également arguer du fait que toute économie énergétique est bonne pour la planète, à l'heure où les compteurs s'affolent et où tous les voyants sont au rouge en matière de pollution et de réchauffement climatique. Oui mais voilà, si l'on se fie aux études sérieuses les plus récentes en la matière (et bien plus affinées que par le passé), il semble désormais acquis que lesdites économies d'énergie consécutives au changement horaire sont aujourd'hui extrêmement marginales voire inexistantes. Le jeu n'en vaut pas/plus la chandelle. 

Alors d'ici un an, on devrait enfin remettre les pendules à l'heure en supprimant ces réajustements d'heure semestriels inutiles et perturbants pour les pauvres humains vaniteux et orgueilleux que nous sommes. A la vérité, si le changement d'heure existe depuis près de 45 ans maintenant, au delà des économies d'énergie, c'est aussi et surtout parce que l'homo modernus, cet homme occidental de la seconde partie du XXe siècle et du début du XXIe a cru qu'il pouvait asservir les horloges à son profit et faire primer la routine de ses activités sur le temps qui passe. Las ! Voilà bien une mesure forcément vouée à l'échec sur le long temps. Car le temps ne se module pas. Il est. Il s'écoule inexorablement et il est le même pour tous les terriens, quel que soit notre calendrier.

Dans un monde où la schizophrénie est devenue omniprésente, voilà bien une mesure qui ira dans la direction du bon sens. Reste à savoir si le choix retenu sera le bon, mais ça, cela fera l'objet d'un autre débat le moment venu.